Je suis Anne Sylvie, biographe passionnée et formatrice de biographes. C’est pour permettre aux plumes inaccomplies de réaliser leur vocation et à chacun de se saisir de la force des mots que j'ai créé la Plume Académie, une école d’écriture ancrée dans l'humain et la croissance personnelle.
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vivre de l'écriture
ÉCRIRE POUR VIVRE
UN LIVRE, UNE VIE
Le terme écriture thérapeutique est aujourd’hui partout.
On l’emploie souvent, parfois à tort, parfois avec prudence, parfois avec une certaine méfiance.
Pour les uns, écrire son journal intime suffit à parler d’écriture thérapeutique.
Pour d’autres, utiliser le mot thérapeutique hors d’un cadre clinique relève presque du sacrilège…
Entre ces deux positions, un flou persiste. Car les thérapeutes, les écrivains et les « particuliers » ne parlent pas de la même chose lorsqu’ils emploient cette expression. Et ils ne lui donnent ni le même sens, ni les mêmes contours.
Force est de constater qu’il n’existe pas une, mais plusieurs formes d’écriture dites thérapeutiques. L’écriture pratiquée par Nayla Chidiac à l’hôpital Sainte-Anne, auprès de patients porteurs de traumatismes sévères, n’a évidemment rien à voir avec celle que je pratique lorsque j’écris mes pages du matin. Et pourtant, le même terme circule.
Alors comment s’y retrouver ? Que met-on réellement derrière l’expression écriture thérapeutique ? C’est à ces questions que cet article se propose de répondre, en explorant les différentes acceptions du terme, selon ceux qui l’emploient : psychologues, écrivains, praticiens de l’accompagnement, ou simples utilisateurs de l’écriture au quotidien.
Si l’on s’en tient à une définition lexicographique, l’écriture thérapeutique désigne globalement une pratique d’écriture visant un mieux-être psychique ou émotionnel.
Le terme thérapeutique renvoie à ce qui soigne, apaise ou contribue à une amélioration de l’état de santé. Pris au sens large, il peut donc s’appliquer à toute activité qui produit un effet bénéfique sur la personne.
Cette définition extensive explique pourquoi l’expression s’est largement diffusée.
Elle recouvre une intuition partagée : écrire peut faire du bien.
👉🏽 Mais cette approche pose rapidement problème : elle ne distingue ni le cadre, ni l’intention, ni la posture de celui qui accompagne, ni les risques éventuels.
C’est précisément là que les professionnels de la santé mentale introduisent des nuances essentielles.
Pour de nombreux psychologues cliniciens, le terme écriture thérapeutique ne peut être employé à la légère.
La psychologue Emmanuelle Jay, dans son ouvrage L’écriture thérapeutique, est très claire sur ce point : il s’agit d’un terme galvaudé, utilisé aujourd’hui pour désigner des pratiques très différentes.
Selon elle, l’écriture thérapeutique suppose :
Autrement dit, ce n’est pas l’acte d’écrire en soi qui est thérapeutique, mais le travail psychique rendu possible par la relation.
📌 A lire aussi : Pourquoi intégrer l’écriture thérapeutique dans sa pratique


Du point de vue clinique, parler d’« écriture thérapeutique » suppose un certain nombre de distinctions. Comme le rappelle Emmanuelle Jay, toutes les écritures qui font du bien ne relèvent pas pour autant d’une démarche thérapeutique au sens strict.
Dans ce cadre, on parle plus volontiers de thérapie par l’écriture, de psychomédiation par l’écriture, ou encore d’écriture à visée thérapeutique.
Ces appellations rappellent que l’écriture n’est pas ici une fin en soi, mais un outil au service d’un processus de soin, inscrit dans une relation et dans un dispositif précis.
C’est un point essentiel : dans cette approche, on n’est pas dans l’écriture de soi au sens courant du terme.
Il ne s’agit pas d’écrire directement « sur » ce qui fait souffrance, ni de se livrer frontalement sur ses émotions. Au contraire, l’écriture thérapeutique clinique privilégie souvent le détour.
Les consignes proposées sont indirectes, symboliques, parfois métaphoriques.
Ce détour par l’imaginaire permet d’approcher des contenus psychiques difficiles sans exposer la personne à une violence émotionnelle excessive. L’écriture devient alors un espace tiers, suffisamment sécurisant pour que quelque chose puisse se dire autrement.
C’est précisément dans ce cadre contenu et médiatisé que l’écriture peut déployer une véritable fonction thérapeutique.
Dans le champ clinique, l’écriture n’est jamais envisagée comme un outil anodin.
Plusieurs psychologues et psychothérapeutes français (parmi lesquels Nayla Chidiac, mais aussi Emmanuelle Jay) rappellent que l’écriture peut soutenir un processus thérapeutique, à condition d’être utilisée avec rigueur.
Un point revient de manière constante dans leurs travaux : écrire n’est pas toujours aidant, et peut même devenir contre-productif si le cadre n’est pas posé avec soin. Une écriture trop directe, proposée trop tôt, ou laissée sans accompagnement, peut réactiver des affects difficiles sans offrir de moyens de les élaborer.
C’est pourquoi, dans ces approches, l’écriture est pensée comme un outil clinique à part entière, au même titre que d’autres médiations thérapeutiques. Elle suppose une formation spécifique, une capacité à ajuster les consignes, et une attention fine aux effets produits chez la personne accompagnée.
Du côté des écrivains, le mot thérapeutique est rarement revendiqué comme tel.
Et pourtant, nombreux sont ceux qui ont décrit l’écriture comme un espace vital, parfois salvateur.
Anaïs Nin parlait de son journal comme d’une véritable drogue : un lieu où déposer l’excès, l’intensité, et parfois la confusion intérieure. Non pour aller mieux au sens médical du terme, mais pour continuer à vivre avec ce qui la traversait.
Virginia Woolf, quant à elle, évoquait l’écriture comme un moyen de rester reliée au monde, de ne pas se laisser engloutir par les vagues de la dépression. Écrire lui permettait de maintenir une forme de continuité psychique, un fil ténu entre elle et la réalité.
On peut aussi évoquer Marguerite Duras, qui parlait de l’écriture comme d’une traversée du silence, d’un lieu où quelque chose pouvait enfin advenir là où les mots manquaient.
Ce que disent les écrivains n’est pas formulé en termes de soin ou de guérison, mais de nécessité intérieure. Écrire est vu comme une manière d’habiter l’existence, de tenir face à l’intensité du vécu.
À travers leurs témoignages, on retrouve néanmoins des fonctions que la psychologie contemporaine identifie aujourd’hui clairement. L’écriture permet notamment :
Il ne s’agit pas ici d’une thérapie au sens clinique du terme, mais d’une fonction existentielle de l’écriture. Une écriture qui ne soigne pas au sens médical, mais qui soutient, structure et permet de faire avec ce qui, autrement, resterait informe ou envahissant.
Cette distinction est importante : elle permet de comprendre pourquoi l’écriture peut être bénéfique sans pour autant relever d’un dispositif thérapeutique encadré. Et pourquoi le mot thérapeutique, appliqué à l’écriture, ne recouvre pas les mêmes réalités selon qu’il est employé par un clinicien, un écrivain ou un lecteur ordinaire.
Dans le langage courant, l’expression écriture thérapeutique est souvent employée pour désigner des pratiques très diverses, comme :
Dans ces contextes, le mot thérapeutique n’est pas utilisé au sens clinique du terme.
Il renvoie plutôt à une expérience subjective : celle de se sentir soulagé après avoir écrit, plus apaisé émotionnellement.
D’un point de vue strictement psychothérapeutique, il s’agit effectivement d’un abus de langage. Ces pratiques ne relèvent ni d’un cadre de soin, ni d’un dispositif encadré par un professionnel formé.
Mais cet usage dit malgré tout quelque chose d’essentiel : beaucoup de personnes font l’expérience concrète que l’écriture leur fait du bien.
La recherche en psychologie sociale est venue donner un éclairage scientifique à ce ressenti. Les travaux de James W. Pennebaker ont montré que l’écriture expressive (le fait d’écrire librement sur des expériences émotionnellement marquantes) favorise la régulation émotionnelle, diminue le stress et peut avoir des effets mesurables sur la santé psychique et physique.
Même hors cadre thérapeutique, l’écriture de soi peut donc jouer une fonction de soutien : elle aide à remettre de l’ordre dans le vécu, à reprendre un minimum de maîtrise sur ce qui traverse l’esprit.
👉🏽 C’est dans cet espace intermédiaire (entre mieux-être personnel et démarche de soin) que se situe la confusion autour du terme écriture thérapeutique. Une confusion compréhensible, mais qui mérite d’être clarifiée.
📌 A lire aussi : Pourquoi écrire peut nous rendre plus heureux ?
👉🏽 À la Plume Académie, le choix a été fait d’utiliser le terme écriture thérapeutique dans un sens élargi mais raisonné.
Pourquoi ?
Cela ne signifie pas qu’on peut utiliser ce terme n’importe comment.
La Plume Académie distingue clairement :
Mais elle défend l’idée suivante : des accompagnants non thérapeutes (biographes, formateurs, éducateurs) peuvent utiliser l’écriture comme outil de mieux-être, à condition de se former sérieusement, de poser un cadre clair, de connaître les limites de leur posture, et d’orienter vers des professionnels de santé lorsque c’est nécessaire.
Dans ce sens, l’usage du terme écriture thérapeutique est possible hors du champ clinique, à condition d’être éthique et rigoureux.
L’écriture thérapeutique n’est pas une pratique unique, ni un concept monolithique. C’est un territoire pluriel, traversé par des usages, des cadres et des postures très différents.
Plutôt que de chercher une définition unique, il est sans doute plus juste de se demander :
Car c’est toujours le cadre, la posture et l’intention qui déterminent la portée thérapeutique de l’écriture.
Utilisée avec discernement et éthique, elle peut devenir un levier d’élaboration psychique et de transformation intérieure.
Employée sans cadre, elle peut au contraire perdre de sa justesse, voire devenir contre-productive.
💡 C’est à cet endroit que s’inscrit la démarche de La Plume Académie.
À travers ses formations dédiées à l’écriture thérapeutique, elle propose un cadre clair et rigoureux pour celles et ceux qui souhaitent intégrer l’écriture dans leur pratique d’accompagnement, sans confusion des rôles.
Former à une posture juste, transmettre des repères théoriques, de façon à penser l’écriture comme un outil d’accompagnement responsable : c’est l’ambition de cette approche.
Car bien utilisée, l’écriture reste ce qu’elle est profondément : un outil de transformation, au service du sens, du lien et du vivant.
📌 Découvrez dès maintenant les deux nouvelles formations en écriture thérapeutique proposées à la Plume Académie :
Je suis Anne Sylvie, biographe passionnée et formatrice de biographes. C’est pour permettre aux plumes inaccomplies de réaliser leur vocation et à chacun de se saisir de la force des mots que j'ai créé la Plume Académie, une école d’écriture ancrée dans l'humain et la croissance personnelle.
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